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GUANAES NETTO Gontran

 

L’artiste brésilien Gontran Guanaes Netto naît en 1933 dans une commune rurale située à quelques quatre cent kilomètres à l’ouest de la ville de São Paulo, dans une région où prédominent les grandes plantations de café. Issu d’une famille de travailleurs ruraux, il a une scolarité officielle très brève, comme d’ailleurs la plupart des enfants de son milieu social à l’époque.

A l’âge de 18 ans, il quitte son village natal pour tenter sa chance dans la capitale. Malgré sa scolarité incomplète, il réussit à se faire admettre comme auditeur libre à l’École de Beaux-Arts de São Paulo. Aux Beaux-Arts il découvre la militance politique grâce aux mouvements d’étudiants de l’époque qui se mobilisassent très fortement pour la souveraineté nationale autour de la campagne « Le pétrole est à nous ». Le jeune Netto intègre le Parti Communiste Brésilien, et c’est en tant que délégué de la jeunesse Communiste qu’il prend part à de nombreuses actions qui résulteront dans son expulsion de l’École de Beaux-Arts à peine un an après son entrée.

Militance politique et rêve artistique accompagneront désormais Gontran Guanaes Netto tout au long d’une vie pour le moins tumultueuse, marquée par le coup d’état de 1964 qui instaure une dictature militaire au Brésil et le contraint à abandonner, en 1969, un poste d’enseignant d’Arts plastiques dans une importante université à São Paulo – la Fundação Armando Alvares Penteado (FAAP) -, pour s’exiler en France.

Pendant les quinze années de son exil en France, Netto prend activement part à de nombreuses actions militantes collectives menées par les artistes latino-américains exilés à Paris.

Il fonde en 1972, avec Julio Le Parc (Argentine, 1928), José Gamarra (Uruguay, 1934) et Alejandro Marcos (Espagne, 1937, le groupe Dénonciation qui signe la Salle Noire de la Torture, œuvre collective exposée en 1973 au Musée d’Art Moderne de Paris. Il fait aussi partie de la Brigade internationale de peintres antifascistes et du Collectif de Peintres antifascistes qui regroupe des artistes latino-américains et français (Ernest Pignon-Ernest, Henri Cueco, Gérard Fromanger, …).

En 1980, il participe de la création de l’Espace Latino-Américain à Paris, qui sera, jusqu’à sa fermeture en 1993, un important centre d’échange et de diffusion de l’art latino-américain.

Dans le domaine artistique, Netto trouve en France un terrain fertile pour l’épanouissement de son œuvre picturale qui semble tout naturellement s’intégrer dans les courants de la jeune peinture des années 70, en particulier dans la Nouvelle Figuration. Joignant une palette des couleurs personnelle à des thématiques sociales qui lui sont chères, l’artiste semble enfin pouvoir concilier engagement politique et création artistique.

Netto obtient en 1976 un poste d’enseignant à l’École d’Architecture de Nantes et devient le coordinateur du Département d’Art Plastique, poste qu’il occupera jusqu’à son retour au Brésil en 1985.

De retour au pays natal, Netto entreprend la construction d’un atelier, dans la région d’Itapecerica da Serra, ville non loin de São Paulo. Perchée sur la montagne, en bordure de la forêt tropicale, l’imposante construction deviendra la Casa da Memôria (Maison de la Mémoire), espace atypique qui fait à la fois office d’atelier d’artiste, de galerie de peinture et de centre d’échange et d’apprentissage ouvert à tous les jeunes désireux de pratiquer la peinture.

Invité en 1989 par la ville de São Paulo à réaliser une œuvre publique destinée de manière permanente une station métro fraichement inaugurée, Netto décide de la réaliser in loco – parmi la circulation d’usagers du métro. Prenant pour thème la commémoration de la Révolution française, il peint une série de fresques devant un public de plus en plus nombreux qui prend plaisir à observer l’artiste au travail. Netto invite alors les usagers à peindre aussi et peu à peu le hall du métro se transforme en atelier de peinture.

Fort de ce succès, Netto va, sur le même principe, réaliser l’année suivante la même opération dans une autre station de métro.

En 2010, il confie l’administration de la Casa da Memôria au groupe de jeunes formés par lui et revient vivre en France. Depuis cette date, il vit et travaille à Cachan où il entame un cycle de travail centré sur les paysans sans terre du Brésil.

 

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2014

LA MAGIE DE LA COULEUR

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