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22.04.16 - 22.04.16

LES YEUX DE LA TERRE - Performance Marie LOPES


Performance Poétique : Marie Lopes
Installation artistique : Raul Castañeda

« …Délice universel
tu n’attendais pas
mon chant,
parce que tu es sourde
et aveugle
et enterrée.
À peine
parles-tu en enfer
de l’huile
ou chantes-tu
dans les fritures des ports,
près des guitares,
silencieuse,
farine de la nuit
souterraine,
trésor inépuisable
des peuples…. »

Pablo Neruda
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La métamorphose de la pomme de terre

Trop simple, associée au banal, au vulgaire, au pauvre, la pomme de terre confine ordinairement au ridicule ou au mépris.

L’œil de l’artiste y voit cependant une richesse infinie de formes. Absurde, biscornue, mais prodigieusement sensuelle, généreuse, maternelle, en même temps qu’abstraite ou rêveuse.

Ses corps multiples invitent au sublime et au monstrueux; elle est une porte vers notre inconscient, vers l’imaginaire.
Où la patate, dépourvue d’angles, aux rondeurs indéterminées, invite au mystère, à la métaphysique et à l’Amour...

Raúl Cortes Castañeda, plasticien, expérimente sans cesse de nouvelles créations à partir de matériaux naturels, végétaux ou minéraux. En s’intéressant à la pomme de terre, il joue sur ses différentes couleurs, formes, dimensions. Il choisit ses spécimens, garde leur forme d’origine, ou les modèle, les sculpte, les peint, les assemble. Avec le temps certaines de ces
bizarreries de la nature se transforment, se dotent de nouveaux “yeux”, se flétrissent, changent de robe. A la rencontre d’un nouvel espace, l’artiste les suspend à des fils de nylon, joue sur les vides et les hauteurs, et les dispose de manière à former comme une constellation, comme autant de planètes à la fois semblables et différenciées.

Les richesses de la patate n’ont pas échappé aux poètes : Marie Lopes s’en fait l’écho dans un choix de textes drôles, sensuels, ou politiques. Elle écoute, observe, fait rebondir les sons, dialoguer les objets avec l’espace. Sous nos yeux, elle insuffle aux tubercules l’âme en même temps que les mots. Jouée et jouant avec les mondes mobiles de Castañeda, la comédienne embrasse toutes leurs métamorphoses. Au centre de cet univers, c’est elle la force de gravitation qui le met en mouvement, le bouscule, l’agite, le fait danser. D’un souffle, d’un frôlement, d’un mot...

Textes de Bruno Jouhet, Francis Ponge, Jean Foucault, Georges Perec, María Victoria de Alonso, Pablo Neruda

plus d'infos sur : http://theatre-dor.wix.com/theatredor


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LOPES Marie