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09.10.15 - 25.10.15

PEINDRE entre les mots, PEINDRE contre les maux


De la plume au pinceau : PEINDRE entre les mots, PEINDRE contre les maux !

C'est en 2013, lors des Hivernales de Montreuil que nous venions de créer, que pour la première fois nous avons croisé la route de cette artiste. Dans le vaste panorama de la création contemporaine, ses œuvres nous intriguèrent à tel point que dès le soir du vernissage, nous attendîmes la fermeture des portes pour y regarder de plus près, en toute tranquillité... Si l'enchevêtrement des écrits, des formes et de la couleur témoignait d’une profonde originalité, la formulation plastique avait ceci d'inouïe qu'elle parvenait à exprimer dans un même espace pictural les préoccupations éthiques et esthétiques de l'artiste ! Cette caractéristique est bien la "marque de fabrique" de notre artiste, celle d'un style inimitable, immédiatement identifiable. Si la référence au Lettrisme, avant garde sulfureuse des années 50-60, nous effleure, on l'abandonne aussitôt. De fait, Isidore Isou et ses congénères ont ouvert un nouveau champ plastique en donnant à l'organisation des éléments alphabétiques une dimension extra-sensorielle. Toutefois, tel n'est pas le propos de Michèle Papadopoulos. La proximité avec Ben serait a priori plus évidente, tous deux enracinant leur vocabulaire dans une mémoire "écolière". Quand le premier utiliserait la craie blanche sur le fond noir de l'ardoise noir pour n'écrire qu'une seule phrase, la seconde utiliserait la plume noir sur un fond de page blanche pour la couvrir de mots et de couleurs rutilantes... Tout les sépare, donc.
Totalement engagée dans sa peinture - étonnamment vaste, sa culture picturale fait parfois surgir ici ou là les fantômes de Fernand Léger, Dubuffet, Chaissac, Matisse, Cocteau, Miro, Picasso ou...Ingres qu'elle revisite à son tour !...-, Michèle Ansermet-Papadopoulos se suffit d'être elle-même. En toute simplicité. Ayant parfaitement assimilé la modernité du siècle dernier, elle a su éviter le piège qui frappe tant d'épigones ; à l'évidence, c'est dans son propre fonds qu'elle puise essentiellement. L'agrégation des formes, des lignes, des mots, des rythmes et des teintes les plus sonores compose une partition picturale unique dont l'effet décoratif jubilatoire provoque une séduction oculaire immédiate. Un langage direct et vivant, d'une jeunesse étonnante, où la dénonciation par le verbe des injustices et des impostures contemporaines -Art = Doll - Art, Corruption, etc...- se conjugue avec les signes figuratifs des corps et objets qui s'entrelacent sur des aplats géométriques de couleurs pures.... Un art singulier témoignant d'une haute maîtrise des contrastes, contrastes de lignes, de couleurs, de rythmes et de motifs. Une incantation plastique sans équivalent dans la peinture de notre temps. L'œuvre majeure, ART = DOLL - ART, pourrait synthétiser à elle seule le vocabulaire de Michèle Ansermet-Papadopoulos. On se demande comment elle parvient à rendre cohérent ce déploiement de formes les plus inattendues sans tomber dans un effet de gribouillage désastreux ! Mais le miracle opère. Non seulement l'œuvre affirme une architecture des plus solides, mais il s'en dégage une telle intensité plastique qu'une fois nos yeux plongés dans son univers, il ne nous quitte plus ! Jouant en virtuose avec la gaucherie de l'enfance, elle multiplie les arabesques, s'amuse des mots qu'elle zoome en fonction de leur importance éthique et graphique, forme et déforme à souhait, pose ses notes de couleurs vives comme autant de contrepoints lumineux, décline les éléments graphiques les plus divers dans l'entrelacement des corps, donnant à cette diversité plastique l'évidence d'une esthétique aussi contrôlée qu'authentique !
Telle est l'alchimie réussie d'une artiste dévoilant les interrogations fiévreuses de sa conscience et l'intériorité de son âme par les moyens plastiques de la peinture afin de créer, sans complexe aucun et comme un pied de nez au culte du sale qui nous envahit, de la Beauté. "Est beau", disait Kandinsky, "ce qui procède d'une nécessité intérieure de l'âme. Est beau ce qui est beau intérieurement." C'est dire combien l'œuvre de Michèle Ansermet-Papadopoulos est belle ! C'est dire combien elle nous est nécessaire !
Noël CORET

plus d'infos sur : http://www.mpefm.com/modern-contemporary-art-press-release/france-art-press-release





ANSERMET-PAPADOPOULOS Michèle