Artistes

GUANAES NETTO Gontran


Gontran Guanaes Netto – Les mains, l’attitude et la peinture d’un homme
12 septembre 2011, 02:58
Points importants/ squelette/ chronologie GGN

1933- GGN naît à Vera Cruz (Intérieur de l’état de Sao Paulo) le 1 janvier 1933, il est déclaré le 17 février 1933. D’une famille de travailleurs ruraux, GGN a eu une scolarité officielle très brève.

1955 – naît à São Paulo sa fille Lucia Villar Guanaes ( photographe résidente en France). En 1958 naît sa seconde fille Cristina Villar Guanaes (thérapeute corporelle, résidente aux USA) toutes les deux sont le fruit de son premier mariage avec Helena.

1959- Réalise le portrait de Fidel Castro solliciter par les élèves de l’école Polytechnique de l’université de São Paulo (Politécnica/USP) pour fêter la Révolution Cubaine. Le portrait de Fidel est emmené jusque sur une scène de fortune monté par des étudiants sympathisants et celui est rapidement brûlé par la police – selon GGN « il a été brûlé par le DOPS (Delegacia de Ordem Política e Social – Commissariat de l’ordre politique et social crée en 1924, comme instrument de contrôle et de répression des manifestations populaires) »

Années 60 - GGN, un jeune peintre de 27 ans auditeur de conférence de JP Sartre et S de Beauvoir à la Bibliothèque Mario de Andrade (Sao Paulo) : Photo de GGN au deuxième rang, devant FHC (ex président brésilien) et sa femme. Peintre de questionnements humanistes, sous les auspices d’une jeunesse que deviendrai clandestine en 1964 a causes du coup d’état de la junte militaire. A cette époque, il prend le pseudonyme d’André, pour signer des illustrations dans des publications clandestines. Même avant le Coup d’état, il maintenait une posture militante dans les actions ou réunions. Il a fait de ses mains grossières (celle de la génération de sa famille, de génération de brésiliens, de générations de peuples) les mains d’un peintre réaliste, de manière subversive car sa condition hérité en faisait une de plus dans l’échelle des inexistants, des exclus ; GGN a assimilé et perçu la connaissance de manière passionnée et approfondit et ainsi il se confronta a la répression politique et devint l’un des membres fondateurs de la FAAP (2 phase/1967 : création de la faculté d’arts plastique et communication et d’engenieurie)
Parallèlement , les discussions socialistes le travaillait en secret, les meetings illégaux ; ses mains sont allé au delà de la terre sèche

1969 – Il s’est exilé en France, mais il était sous la menace d’un autre emprisonnement. Son pseudonyme d’André ne lui garantissant plus aucune sécurité; GGN a vécu 5 ans sous la dictature militaire qui a duré pendant 20 ans. (1964-1984).

Années de 70 et 80: GGN, un des douze fondateurs de l’Espace Latino Américain, a Paris. Connaît Julio Le Parc (dans les années 1970); en 1995, avec la complicité que le temps à permis – fait Le Parc (argentin / art cinétique) déclarer, à GGN (peintre brésilien, réaliste), une admiration et une complicité de part sa posture, sa peinture… un regard camarade de lutte, propositions et vécu. Leurs travaux sont différents ; leurs couleurs se rencontrent dans une performance du passé ; avec Le Parc il a fait parti de la Brigade international anti-fasciste (1972-1987). En 1976, Cueco, dit sur le travail collectif avec GGN: "Notre travail consiste a suivre le pointillé des différenciations, discontinuité de la rupture".

En 1979, naît son fils Pedro Pierre Guanaes Netto, fruit de l’union avec la française Annie Dansky.
Dans les années 1980, GGN engageait sa peinture dans la lutte contre le racisme, contre L’Apartheid. GGN, l peintre, professeur, parti du Brésil avec trois en poche, a remplit tous les critères devant des jurés de l’université de Nantes, pour devenir coordinateur du Département d’Art Plastique de l'Ecole d’Architecture.

A eu un atelier dans le 'village du brouillard '- Cité des Arts. Tout l'espace conquis par GGN dans son exile en France, cet homme compromis avec des questions excessivement sérieuses, mais invisibles, tels comme la faim, la misère, le rien, l'être néant pour un monde qui rien ne sait pas de son existence et que ne cherche pas à se faire visible. GGN apporte visibilité de ce monde.

1979/1980 - GGN a peint pour 20 ans de Révolution Cubaine commémorés dans une exposition collective à New York.

1983/1984 - Avec les directives de l'ouverture "aux exilés", il est retourné au Brésil, après l’ exil de 14 ans, passé en France. GGN "a gagné" de la respectabilité hors de son pays. Il est retourné au Brésil par nécessité des racines, par la lutte qui continuait dans le territoire brésilien, par les mains calleuses, par la faux, par la peur. La guerre, le siège, la maladie, la douleur, la faim. Il y a dans leurs travaux la marque GGN, brésilien, qui dérange. Ce sont des panneaux, de monsieur Netto, dans des places, dans des situations, et donations. Leurs causes imagées sont des effets de la grandeur d'un mortel, qui a dans les mains l’ immortalité des œuvres - gestes engagés d'un homme. Même si "soit vu par la critique officielle comme démagogique, balourd et mal fait "(ref. Journal Folha de S. Paulo/ conf. Données). A son retour il avait comme intention de se fixer un atelier à Goiatins (Tocantins), c'est-à-dire, être lié à la terre, et efficacement, aux boias-frias. Atelier qui n'a pas réussi à cette adresse, mais la lutte à continuée avec son lien naturel pour les causes du Mouvement des Sans Terres, aux résistances collectives, contre la guerre coloniale, contre la néocolonialisme.

1987 – Retrouvaille : collectif de peintres anti-fascistes. Rencontre répétée en 1993. Aussi en 1987, période de lettres reçues acheminées par des membres du Mouvement Sans Terre. Il a fait des toiles et des donations et de part ses mains rudes, il a peint le manifeste des Sans Terres, avec les ''Enchère de Têtes de Bétail '.

1989 à 1991 - Pour commémoration des 200 années de la Révolution Française - a fait des Stations du Métro de la Ville de São Paulo / Brésil : Maréchal Deodoro et Itaquera - son atelier, atelier du peuple, du travailleur.

Les fresques ont été peintes par GGN dans les stations pendant des mois. Les milliers de passagers, travailleurs quotidien, sont les visages qui peuplent ces fresques. Il a peint la déclaration des Droits de l’homme. Marianne, la femme du peuple, érige un drapeau au couleurs du Brésil.
GGN a peint beaucoup de leçons d'histoire. Ils y sont tous: Sandino, Allende, Fidel, Mandela. Aussi sont présents Lamarck, Maringhela, Prestes et tant autres. Pendant cette période il a connu Adriana, mère de son fils Gabriel Madère Guanaes (8 ans) et de la défunte encore bébé, Luiza (première fille du couple).

1993. Discussion de la "restauration" d'une oeuvre de Portinari. L'invitation à été formalisée, mais ne s'est pas concrétisée. GGN savait qu’il pouvait le faire, et pour lui, ce ne serait pas une restauration, mais une reconstitution. Une lamentation historique : "GGN comme Portinari - sueña y fulgura, um hombre de mano dura, hecho de sangre y pintura, grita en la tela", como "um son para Portinari" '(lettre musique/voix Mercedes Sosa).

1994 - A exposé par la PAIX. 50 ans de la Fondation des Nations Unies et 50 ans de douleur d’Hiroshima.

1995- Collectif de protestation de la tuerie de Candelária (Rio de Janeiro), meurtres d'enfants par "des tueurs", produite en 1993, organisé par l'État de São Paulo.

2004 - De quoi est fait un être, aussi brut et aussi sensible ? Aussi simple et aussi compliqué. Aussi magistral et aussi commun, aussi bizarre de charnel, séducteur à 71 ans, et aussi marqué dans l'Histoire et dans les histoires, et dans les histoires de la faim, de la misère, de la douleur, du préjugé de l'exclusion.
GGN vit dans son atelier, a Itapecerica de Serra - São Paulo.

Le projet (l'architecte) et la construction (le maçon) sont réalisés avec les mêmes mains calleuses qui peignent des toiles et plus de toiles, travaille le jardin, il dessine, il remodèle, travaille le jardin il sort de la prose a tous qui passe par chez lui. Les enfants entrent et sortent, en riant, avec une banane, un morceau de pain pour manger. GGN mange ce qu’il y aura. Un tableau vendu, ici et lá, garantit le pain, les haricots, et les bananes, et beaucoup et beaucoup de peinture et dessins. Lecteur de classiques de la littérature française, Lacan, Foucault, des lettres qui arrivent de partout dans le monde. Il est auditeur de tous les siècles de musiques, de tous ceux qui passent par la route de terre de son atelier. Studieux des traités des arts, et de préoccupations que le temps encore n'a pas traité, la faim continue, la guerre, le préjugé, la multitude invisible.
Les mains fermes, grandes et grossières peignent, dessinent et travaillent la terre. Et il se plaint encore avec la même vigueur d'autrefois : l'insouciance sur le problème de l'exclusion, avec la "conscience qui survit en toute circonstance". (GGN, 08/07/2004 de Gisèle Miranda)


Texte orignal : de Gisèle Miranda
Gisèle Miranda est historienne, docteur par PUC-SP (Brésil). Elle organise le matériel documentaire de GGN (archive matérielle et électronique), depuis 2002, outre des insertions dans l'Atelier de GGN, dans Itapecerica de Serra (SP), avec des entrevues enregistré en vidéo pendant deux ans.


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2014

LA MAGIE DE LA COULEUR